Pour nous aider à préparer ensemble ce voyage :
Pourquoi aller à Auschwitz ?
Cette question, nous nous la sommes posée lorsque, la première fois, nous a été donnée la possibilité de participer au Train de la Mémoire. La seule chose claire que nous ressentions avant d’avoir découvert les camps d’Auschwitz, c’était que le drame de la Shoa lui-même nous interpellait par son immensité.
Aujourd’hui, ayant fait plusieurs fois ce voyage, nous pouvons porter témoignage de trois découvertes importantes.
La première est que la moindre chose que nous apprenions sur la Shoa nous atteint au plus profond de notre humanité, à titre individuel comme à titre collectif.
La seconde raison d’aller à Auschwitz touche à l’histoire.
Enfin, nous ne pouvons ignorer, nous qui sommes en majorité des chrétiens, que ceux qui ont volontairement pris part à la Shoa étaient aussi des baptisés.
Sans énumérer tous les arguments malveillants à l’égard des Juifs, qui ont jalonné l’histoire chrétienne, et sans que nous ayons à nous en sentir coupables, il nous faut cependant répondre de cela, ou comme disent les philosophes « nous en sentir responsables ». A partir de là se pose une autre question – « Que faire ? »
Participer au Train de la Mémoire permet de s’informer, d’échanger, de réfléchir sur cette question sans fin de la Shoa, sans fin comme l’antisémitisme, n’en déplaise à ceux qui sont lassés d’en entendre parler. Il est clair qu’un voyage de cette nature doit être soigneusement préparé. Le SIDIC propose à cet effet aux adultes (des étudiants aux seniors) qui envisagent cette participation, une série de rencontres dont nous vous informerons progressivement sur ce site.
Ceux et celles qui souhaitent avoir des informations sur le voyage peuvent se renseigner auprès d’Antoine Lerondeau (Mail : antoine.lerondeau@free.fr ; Tel : 01 47 65 05 96)
Un voyage si long... si court ! Le Huitième Train de la Mémoire, 11-15 novembre 2012.
TEMOIGNAGES...
"Du 11 au 15 novembre 2012, 530 personnes, essentiellement des lycéens, ont participé au huitième Train de la Mémoire. Un groupe d'adultes du SIDIC participait à ce projet.
Dans le train totalement sonorisé, le SIDIC a présenté une communication sur le thème de la judéophobie et l'antisémitisme chrétien. Mercredi, une longue marche silencieuse a conduit les participants jusqu'au camp de Birkenau. Après la visite eurent lieu deux célébrations : une du Souvenir, durant laquelle des jeunes ont lu le nom de personnes disparues pendant la Shoah, tandis que de jeunes élèves juifs récitaient le Kaddisch.
Par ailleurs se déroulait une célébration de l'Espérance, où une longue banderole "Souviens-toi" fut déroulée sur les rails.
Durant ces quatre jours de voyage, les temps de tables rondes, discussions, exposés n'ont pas cessés. En effet, loin de répondre aux questions, la démarche du Train de la Mémoire nous amène sans cesse à remettre en cause nos certitudes, nos croyances, et c'est pleins d'interrogations que nous rentrons chez nous. En même temps, l'attitude des jeunes qui s'investissent dans un tel projet, la maturité de leur réflexion, les qualités historiques et humaines des propos de notre guide polonaise, enfin l'amitié qui a soudé très vite le groupe du SIDIC nous ont permis de rentrer chez nous responsables et vigilants, certes, mais aussi pleins de courage."
"L'expérience inoubliable du Train de la Mémoire m'a permis de réaliser encore davantage l'ampleur de la Shoa : Hitler voulait éradiquer les Juifs de la terre : vivants ou morts puisqu'il voulait supprimer jusqu'aux cimetières. La longue marche précédée d'une prière nous a permis de pénétrer dans Birkenau avec respect et dignité."
"Quelques réflexions en vrac :
Osons dire non à tout ce qui peut entamer notre humanité.
Faisons mémoire autour de nous en sachant extraire de cet acmé de la barbarie l'amour de la vie et celui des autres.
Unissons nos prières pour toutes les victimes de cette sauvagerie absurde mais aussi pour les bourreaux qui se sont déshumanisés en eux-mêmes en ensevelissant leur coeur et leur âme sous les cendres de leurs victimes."
"Parler du voyage à Auschwitz est difficile, comme c'est le cas pour tout évènement de la vie dont les retentissements intérieurs sont plus profonds que ce que les mots peuvent exprimer. Paradoxalement, ce lieu qui a vu la déshumanisation de l'homme par l'homme, le destruction de l'homme par l'homme, devient un lieu de révélation, sur soi-même, sur l'humanité, sur Dieu... et ouvre ainsi à une liberté plus grande."
"Lorsque cela nous a été proposé au lycée, j'ai tout de suite souhaité participer au Train de la Mémoire. La raison qui m'y incitait n'était pas très claire dans mon esprit, mais j'éprouvais un certain besoin d'y aller pour me rendre compte par moi-même des choses qui s'étaient déroulées à Auschwitz et pour perpétuer la mémoire des déportés.
Là-bas, j'ai été saisie par l'immensité du camp et par l'organisation méthodique déployée par les nazis, depuis l'arrivée des convois jusqu'au processus de mise à mort dans les chambres à gaz. A Auschwitz 1, j'ai d'abord été choquée par l'apparence du lieu qui semblait paisible, mais ce qui m'a le plus frappée, ce sont les cheveux et les chaussures des déportés, exposés en montagne et qui m'ont permis de prendre tout à fait conscience de l'ampleur du génocide puisque derrière chacun de ces éléments, se trouve toute une vie."









